Portrait de Nadine de la 22 Majore CAMABC 2019 au centre d’examen CASIM 29, qui roule en 1200 BONNEVILLE

1) Ton parcours motard

La moto c’était d’abord un rêve de liberté. Puis à la trentaine, une opportunité. Un copain qui souhaitait le passer, pourquoi ne pas le faire ensemble ? Ça aurait aussi bien pu être le bateau ! Pourquoi pas, en effet ?! Banco !

L’histoire a bien failli s’arrêter dès cette fameuse leçon où j’ai « évité un évitement », j’ai continué de freiner dans l’évitement ce qui a eu pour conséquence d’envoyer ma moto d’un bord et moi de l’autre. Blessée au genou non coqué (quand j’ignorais encore l’importance d’un équipement de la tête au pied), sans les encouragements de mon Moniteur j’aurais pu abandonner là. J’ai eu mon permis en 2006.

J’ai dû attendre près de deux ans avant d’acheter ma première machine, une ER6. Je n’ai pas pensé qu’il pourrait m’être profitable de reprendre quelque leçons de conduite.

Pourtant ma plus grosse frayeur s’est produite peu de temps après ma reprise de guidon. J’ai bien cru me tuer quand dans un virage mal négocié j’ai fait un « tout droit » et fini de l’autre côté de la route… heureusement sans y croiser personne sinon… J’ai ensuite laissé ma moto dans le garage durant huit années avec la certitude que la moto ce n’était pas fait pour moi, que je n’étais pas capable…

Puis il y avait les enfants en bas âge qui laissent peu de temps à autre chose et pas l’envie non plus de faire autre chose il faut bien le dire. Mais c’était sans compter la copine Morgane, CASIMirette de son état, qui de temps à autre me disait que c’était dommage, que je pourrais sans doute… Elle a patiemment, insisté jusqu’au jour où avec un peu plus de temps j’ai fini par reprendre des cours avec un super Moniteur, d’abord en 125 pour me redonner confiance puis seulement avec le gros cube de la moto-école. C’est ensuite que j’ai pu reprendre confiance avec mon ER6. Et à présent, depuis un an avec un 1200 Bonneville avec lequel j’ai dû parcourir 3500km en un an. J’ai gardé l’ER6 pour faire de la ville, pour son aspect pratique avec son top case : une moto utilitaire.

L’an dernier, alors que nous descendions en groupe à Nantes pour assister au passage du CAMABC, j’ai vécu à la fois une belle frayeur à nouveau mais aussi mon plus beau souvenir motard. Alors que je pensais, naïvement, que nous effectuerions le trajet par l’autoroute, mes Formateurs m’ont répondu « Que nenni, perfectionnement et plaisirs : ce sera par les petites routes ». Ils avaient bien raison car à l’aller il faisait beau, les routes super sympas, l’ambiance comme toujours extra, c’était chouette… jusqu’au moment où j’arrive sur un virage piégeux, qui referme dans un deuxième temps alors que tu penses qu’il a fini de tourner. On ne roulait pas à plus de 50 ou 60km/h mais j’ai quand même eu ce « Argh, ça passe pas, ça passe pas !!! » Et finalement j’ai réussis à me souvenir de porter mon regard loin à la sortie du virages et à appuyer plus franchement sur mon guidon et… c’est passé ! Au vu de ce que j’avais vécu à mes tout-début, c’était pour moi une grande victoire, une boucle bouclée et en plus avec ma Bonneville que j’avais seulement depuis quelques semaines. Intense émotion pour moi. Si l’aller a été dans de bonnes conditions, le retour a été assez éprouvant : il pleuvait beaucoup, il y avait du vent, on a fini de nuit et après un week-end chargé. Certes j’y venais comme Elève-Cobaye mais je suis une éponge alors la pression je la partageais aussi avec les Candidats. Pourtant malgré (ou grâce à?!) ces conditions difficiles je garde un souvenir merveilleux de cette expérience : c’était la première fois que je partais si loin, deux jours d’affilée en moto, un grand moment de partage et de soutien. Je me revois, enfin arrivée à la maison, dégoulinante, transie de froid, m’écrouler devant mon poêle. Cette douce chaleur réconfortante de mon foyer et cette intense satisfaction : « Ça y est je pense pouvoir dire que je suis une motarde ! ».

Aujourd’hui ce que j’aimerais faire en moto ? Une grande balade… en Irlande !

2) Pourquoi es-tu venue à la CASIM ?

Comme expliqué plus haut, Morgane m’a encouragée à reprendre la moto et à venir à la CASIM. Mais il fallait attendre que les enfants aient grandi un peu pour accepter l’idée d’accorder du temps à cette activité.

Puis il m’était impensable de seulement prendre ma moto pour me rendre aux ateliers de la CASIM tant j’étais encore terrifiée. Mon ER6 est resté dans le garage durant 8 ans, à portée de main pourtant ! Mon compagnon la prenait de temps à autre mais pas moi. Une reprise de guidon s’imposait d’abord en moto école. Ce n’est qu’après cette remise en selle progressive que je me suis sentie capable de venir tester les ateliers de la 22.

Je suis venue chercher du perfectionnement, du partage de connaissance, pratique et des machines. Je ne connaissais rien à rien alors qu’aujourd’hui je sais de quoi on parle quand j’entends mono, bi, tri ou 4 cylindres, ce que ça change et pourquoi.

3) Que t’a-t-elle apportée ?

Déjà, sans la CASIM je n’aurais pas eu d’amis avec qui rouler et même si la moto c’est un truc d’égoïste solitaire, on aime bien le partager ! Il est évident aussi que ça m’a amené à plus rouler, sans ça…

Bien sûr du perfectionnement et donc de la confiance en moi. Aujourd’hui je sais que je peux franchir n’importe quelle route, dans n’importe quelles conditions. Plus rien ne m’arrête, je sais que je peux. C’est une expérience personnelle qui m’a rendue aussi plus sûre de moi dans n’importe quel domaine et pas seulement celui de la moto. Soigner ma peur, apprendre comment y parvenir m’a rendue plus solide, plus sereine aussi. Et aujourd’hui j’ai plaisir à aller chercher les virages !

Découvrir la CASIM ça a été plonger dans un monde d’amitié, de partage et que dire du plaisir de se retrouver avec des personnes qui ont vécu les mêmes galères. C’est une bande de copains, c’est ce qui fait qu’on peut laisser la famille à la maison.

Réussir le CAMABC, Majore ou pas d’ailleurs, me confère un sentiment d’un bien beau parcours : je partais de loin il y a trois ans… Je n’aurais pas imaginé en être là aujourd’hui. Indéniablement, je me sens plus forte pour faire d’autre chose.

4) Tu es toute nouvelle Animatrice, Major 2019 au centre d’examen 29, comment as tu vécu cette aventure qu’est le CAMABC et pourquoi t’investir dans cette asso?

Se lancer dans l’aventure du CAMABC est un défi personnel. C’est stressant, d’autant plus qu’on va être jugés par nos Pères, ceux qui nous ont enseigné. J’avais très envie de rendre à la CASIM et l’Équipe en place ce dont j’ai pu bénéficier moi-même, il n’y a sans doute pas de plus belle façon, non ?! Mais si c’était trop difficile ? Si l’échec était la sentence ? La déception serait grande de n’avoir pas été à la hauteur de leur investissement ? C’est pour toutes ces raisons que ça met la pression.

Préparer le CAMABC avec les copains de promo et avec nos guides c’est une aventure amicale de solidarité. Un chemin qui a en fait commencé il y a trois années. Quand on est face à une Émeline aussi passionnée que passionnante, rigoureuse mais toujours dans la bonne humeur, on a envie de donner le meilleur de soi-même. De toute façon c’est nécessaire pour atteindre le niveau demandé. On passe par des moments où on ne se sent pas prêt, où on ne sait pas si on le sera un jour ? Alors on s’encourage les uns les autres pour bosser autant qu’on le peut. Je garde aussi beaucoup de fou rire en souvenir de cette préparation. C’est aussi ce qui permet de persévérer parce que c’est plus facile d’assimiler les choses dans le plaisir. Bon, même dans le plaisir, si ça avait été pour des cours d’anglais, ça n’aurait pas été la même pour moi… mais bon…

Et le jour J arrive. Les différentes épreuves. Chacun avec ses points faibles et ses points forts. En pédago’ en salle : « Expériences et comportements », j’ai abordé les risques en ville et les élèves-cobayes auraient voulu continuer le CPM. Preuve que ça les intéressait, non ?! Je redoutais surtout le parcours rapide. La maîtrise personnelle n’était pas mon joker alors je l’ai beaucoup travaillé mais le doute persistait jusqu’au bout. Premier passage : je donne tout ce que j’ai mais je shoote un plot et dépasse le temps maximum autorisé. Je balaie le dépit pour recommencer. Je me concentre, j’y vais à fond… m’arrête dans la « boîte » et j’entends « Dans le temps imparti moins quelques secondes sans toucher aucun plot ». Je n’en crois pas mes oreilles, je ne suis pas certaine de bien comprendre. C’est bon ? On me confirme. L’émotion me gagne : c’était mon talon d’Achille et j’ai aussi réussi ça ? A cet instant, CAMABC ou pas, je tiens MA Victoire. Quand arrive le verdict de la journée, obtenir le diplôme pour moi autant que pour les autres Candidats c’est l’aboutissement de nombre d’heure de travail, c’est un cadeau pour soi mais aussi une réussite collective, un travail d’équipe. Seule on n’arrive pas à un tel résultat. Majore ? C’est un hasard, mon diplôme n’est pas plus mérité que celui de mes copains de promo, j’ai surtout bénéficié de tirage au sort favorable. Le sentiment d’équipe, d’amitié, d’avoir partagé une expérience extraordinaire nous lie. J’ai adoré cette petite fête que nous avons fait ensemble après.

À présent que je suis devenue Animatrice CASIM ? Je reste novice, surtout en tant que qu’Encadrante alors je vais continuer d’apprendre, le tutorat de mes guides ne s’arrête pas à la porte de cet examen. Quoi qu’il arrive chaque Encadrant apporte son ingrédient personnel et c’est pour ça que la recette est bonne donc même si je ne suis certainement pas une experte dans tous les domaines de la moto tant que l’envie de transmettre est là c’est tout bon. J’aimerais apporter cette même énergie que mes modèles. Continuer de me perfectionner en partageant et apporter mon ingrédient. Si une seule fois un accident est évité à un copain de guidon grâce à notre mission alors le pari est gagné. J’ai tellement appris grâce à la CASIM 22 que je souhaite partager mon expérience et donner envie à d’autre de franchir ces mêmes étapes. Quelle richesse que de pouvoir se retourner et mesurer le chemin parcouru grâce à cette Chaîne dont je fais à présent partie.

1 Comment

  1. Bravo Nadine pour ta ténacité et pour ton humilité. Bel exemple qui montre qu’en osant et en s’accrochant on progresse vraiment…. et si on ajoute l’appui des moniteurs de la CASIM c’est la voie royale pour devenir une star !

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