Portrait de Philippe R de la 44, Major CAMABC 2019 au centre d’examen 33, qui roule en GSXR 750 et depuis peu en GS 1250

1) Ton parcours motard

Depuis l’enfance j’ai toujours aimé la moto, les japonaises, les 4 cylindres, tous ces monstres inaccessibles me faisaient rêver.

Dès la majorité je passe mon permis voiture, et en suivant mon permis moto. Pour la petite histoire : peu de dates possibles avant l’été, mon Moniteur m’avertit que c’est ce 20 juin à 11h30 ou bien sinon il faudra reporter à septembre. Sauf que ce même matin j’avais une épreuve du BAC jusqu’à midi. Mon Moniteur m’affirme qu’au mieux il pourra faire patienter jusqu’à 11h45 mais pas davantage. Ce matin-là, je suis donc au taquet, dans les starting-blocks. Bien préparé pour mes 2 examens, je fonce passer mon BAC avec l’objectif de sortir de l’épreuve à 11h pour avoir le temps de filer passer mon permis moto dans la foulée. Pari tenu : les autres élèves me voyant quitter la salle à 11h au pas de course me regardent partir avec étonnement. La vérité c’est que j’étais déterminé et que j’ai réussi le BAC et le permis moto ce jour-là.

J’ai dû attendre un an ou deux avant de pouvoir me payer une moto, une vieille CB 350 or et noire. Je l’ai gardée quelques années, jusqu’à casser son moteur.

En attendant d’avoir les moyens, je roulais avec un 125 Honda XLS. C’était pratique en région parisienne.

Dès que possible j’ai eu ensuite un Dominator 650. Avec cette machine, j’empruntais une petite route qui serpentait en grimpant vers mon lieu de travail. Le sommet de la côte se situait dans un « s » bien dégagé mais assez prononcé  et bordé de champs de blé. Un matin où j’étais un peu en retard et où j’arrivais rapidement dans ces virages, je découvris avec stupeur que le 1er virage était truffé de gravillons et qu’un « tout droit » dans le champ de blé était mon seul salut ; je fis donc un saut, debout sur les reposes pieds à la façon TT et traversait le champ en contre bas pour remonter un peu plus loin sur la route (ouf !). Un collègue arrivant quelques instants après moi au bureau me décrivit une trouée, traversant bizarrement les blés à proximité. Je ne fis aucune allusion à mes prouesses mais le midi, quand nous partîmes déjeuner en groupe, il eut un petit hochement de tête discret en passant près de ma moto sur laquelle trônaient encore majestueusement quelques épis que je regrettais immédiatement de ne pas avoir retirés … Il ne me demanda que le lendemain comment j’avais pu rester debout dans cette « cascade ». Je dois ajouter qu’il décida peu après de passer son permis moto …

Un jour alors que je reviens d’une sortie VTT assez dure, je reprends ma moto pour rentrer chez moi. Je suis plus fatigué que je ne le pense et au moment de poser ma machine, ma jambe se dérobe et je chute à l’arrêt sans avoir eu le temps de comprendre ce qui se passait.

J’ai eu ensuite un Fazer 600, super sur les grandes lignes droites de Fontainebleau… J’aimais le 4 cylindres pour sa souplesse et ses montées en régime.
Mais quand mon fils a eu 18 ans j’ai compris qu’il adorait la moto et ça m’a fait très peur. Je vends alors  le Fazer pour ne pas lui mettre sous le nez « l’objet du danger » et j’arrête pendant plusieurs années. D’ailleurs mon fils passe son permis voiture en oubliant la moto. Ma fille elle, ne s’y intéresse pas. J’avoue que j’aime autant car la moto c’est dangereux… surtout à 18 ans

Plus tard, quand j’arrive à Nantes, un collègue motard me donne envie de reprendre la moto. J’achète une 1000 Kawa. Avec la Z1000 je suis aussi tombé à l’arrêt en arrivant au bureau. J’ai posé le pied sur des feuilles mortes mouillées. J’ai préféré demander de l’aide à mes collègues pour la relever d’autant qu’elle était toute neuve. Peu après, lors d’une sortie CASIM, j’ai fait une chute à un stop à l’arrêt en devers…une copine est tombée sur moi… et l’effet dominos… rien de grave.

Finalement ma seule chute en roulant c’est au CAMABC 2018. J’en étais d’autant plus surpris que ça ne m’était jamais arrivé. Sur le moment je n’ai pas pensé que j’allais me faire mal mais juste un « Zut, mon examen ! »

J’ai aussi eu un Z1000SX, super chouette, puis une Versys 1000, excellent compromis que j’ai revendue il y a très peu de temps. J’ai actuellement un GSXR 750 surtout pour le circuit. Et je suis dans l’attente de réceptionner la dernière GS 1250, c’est une routière confortable et maniable, j’adorerais faire les routes de Corse avec cette moto !

Mon lien avec la moto est aussi lié à mon frère cadet ingénieur et concepteur de motos sportives sous la marque Tucson puis Roadson avec la création de machines légères et innovantes réservées à la course. Sa dernière née la Roadson 765 devrait rouler prochainement dans la prestigieuse catégorie  « Moto 2 ». Il est motard de longue date et un exemple d’ingéniosité, et de ténacité…Il est aussi « journaliste essayeur ». On a fait quelques sorties (moyenne distance) : on est allé 2 ou 3 fois au Mans 24H ou GP de France et à la mer… c’était sympa de rouler ensemble mais j’évite le duo derrière lui car je serre un peu les ….genoux…  il a l’habitude du circuit et de tester des motos… Je prends conseille chaque fois que je change de moto ou même de pneus : c’est vraiment un expert…

2) Pourquoi es-tu venu à la CASIM ?

Un collègue de bureau avait pour voisin, un moniteur de la CASIM 44 qui l’incitait à s’inscrire …Il ne voulait pas y aller seul et Je me suis dit que, comme je venais juste de me remettre à la moto, ça serait bien de faire une remise en selle grâce à cette asso’. J’avais arrêté au moins quatre ans et j’avais conscience de cette nécessité.

3) Que t’a-t-elle apportée 

En 2008, dès mes premiers ateliers, je réalise avec surprise que j’ai perdu en pratique, plus que je ne le pensais. Mais jamais les Formateurs ne m’ont dit que j’étais mauvais. Les Encadrants, en toute modestie et sans jugement m’aident à progresser, me proposent des exercices. Je comprends tout de suite combien j’ai à progresser et que j’ai à apprendre pour mieux anticiper les dangers de la route.

Mais je suis beaucoup pris par mon travail et suis très souvent en déplacement donc je ne suis pas super présent, pas autant qu’il le faudrait, que j’aimerais car il faut aussi concilier avec la vie de famille. Quand même, chaque année je m’inscris à nouveau.

J’ai adoré faire du circuit avec la CASIM. Je me souviens d’être monté derrière Ghislain, moniteur confirmé, qui m’a montré ce qu’était la trajectoire et le positionnement en virage : Quelle expérience ! …. J’ai ensuite travaillé pour mieux appliquer les trajectoires de sécurité, le freinage, la position…  chaque type d’atelier de la CASIM nous enseigne quelque-chose.

Je constate comme j’ai progressé en connaissance sur ce qu’on peut faire avec une moto. Sur l’équipement. Mon comportement aussi a changé surtout grâce à l’observation et l’anticipation. J’ai beaucoup appris sur la prise de virages, sur le freinage et la mania. Bien que pour cette dernière c’est surtout lors de la préparation pour le CAMABC que j’ai fini par comprendre certains détails pourtant très importants. C’est décidément une TRÈS BELLE FORMATION.

4) Tu es tout nouveau Formateur, Major 2019 au centre d’examen 33, comment as tu vécu cette aventure qu’est le CAMABC et pourquoi t’investir dans cette asso?

D’abord j’ai pris mon temps pour franchir les étapes VISA 1 et 2 puis pour le CAMABC parce qu’il me fallait attendre d’être un peu plus disponible. 

Pourquoi le CAMABC ? Déjà parce qu’il est important de continuer ce qu’est la CASIM. Rendre ce qu’on m’a donné. Faire perdurer cette transmission, consolider les équipes d’Encadrants sont autant de raisons essentielles d’y aller.

En 2018 je me lance dans l’aventure mais je chute lors de l’une des épreuves ce qui me déclare forfait. Grâce à un bon équipement (merci CPM CASIM!) je n’ai pas de blessure grave. Le soir j’arrive, accompagné de deux copains CASIMirs, à ramener ma moto chez moi mais finalement après une nuit douloureuse, médecin, radio, le verdict tombe : j’ai un déplacement de l’épaule qui met six mois à se résoudre….

Tout de suite après cette chute, outre l’épaule qui met du temps à se soigner, la crainte d’un nouvel échec et l’investissement à consacrer à une nouvelle préparation me font hésiter à retenter ma chance. Les copains Formateurs, m’encouragent à ne pas rester sur un échec. Ils sont persuadés que sans cette chute j’obtenais ce CAMABC. Quand mon épaule va mieux, parce que j’aime aller jusqu’au bout des choses, et grâce au soutien du petit groupe de formateurs je me décide à y retourner.

De cette préparation je garde le souvenir d’une expérience humaine hors du commun : c’était incroyable de voir comme les  formateurs de moniteurs se sont investis dans cette préparation Cette année nous n’étions que deux Candidats de la 44, Olivier et moi à nous présenter pourtant c’est souvent huit, dix voire une douzaine de personnes qui étaient là pour nous. Une fois où Olivier n’était pas disponible, j’avais proposé de réduire l’entraînement à une demi journée  … unanimement ils m’avaient répondu « si tu es dispo’ pour la journée on est là pour toi toute la journée ». C’est fou ! Comment ne pas être emporté par tout cet élan, cette force du collectif, cet esprit d’équipe?! Bon, du coup, ça met la pression aussi, parce que pour eux aussi je ne voulais pas échouer… et surtout ne pas tomber une deuxième fois !

La veille du CAMABC, nous sommes 4 de la CASIM 44 à être accueillis chez Olivier (33). C’est chouette, il était justement venu à la maison l’an dernier. Lui et Isabelle sont adorables.

Le jour J arrive et je suis épaté par l’organisation aux petits oignons des Bénévoles de la 33. L’ambiance aussi qui est très chaleureuse à l’égard de toutes et tous. Un peu désarçonné au départ par le fait d’être face à des Elèves-Cobayes novices et pas encore CASIMirs contrairement à mes « habitudes », mais finalement ça se passe très bien et il y a justement « matière à ».

Les épreuves s’enchaînent et arrive le moment des résultats. Quelle joie d’avoir décroché ce diplôme qui matérialise beaucoup d’investissement en temps, en énergie. Mais cette joie est surtout complète parce que pour cette promotion aucun Candidat ne rentre bredouille. Je suis touché de constater que tout le monde partage ce sentiment sans frontière départementale. Être Major en prime ? En soi, ce n’est pas l’essentiel car nous remportons tous ce diplôme et c’est le plus important. Tout de même, encore une fois je suis surtout touché par la réaction des autres Candidats, des autres antennes qui semblent sincèrement heureux pour moi. Ce « titre » n’est pas jalousé du tout et c’est plutôt cette réaction qui est la cerise sur le gâteau. La joie partagée bien entendu avec Olivier qui s’est investi comme moi et toutes les personnes de la 44 qui m’ont aidé, soutenu… c’est un succès collectif. Seul, on n’arrive pas à grand chose alors qu’à plusieurs… c’est sans doute pour ça que la CASIM est une « Chaîne ». Le A de amitié prend aussi tout son sens…

5 Comments

  1. Très bel article, très touchant. J’ai appris plein de trucs sur mon frère et sur la CASIM. Je retrouve dans ces lignes l’esprit des judokas qui prépare un confrère à un grade ou une compétition. Être Casimir c’est un sport d’équipe!
    Bravo Philou et bravo à tous les formateurs!!!

  2. Super papa!
    C’est un beau message et une belle aventure. Merci du partage 🙂
    Amitiés à tous les motards, gardez votre esprit d’équipe.

  3. Bravo Philippe pour le diplôme d’abord, mais aussi pour ta persévérance et ton investissement à la CASIM. Je profite de l’espace pour féliciter également Olivier pour les mêmes raisons.
    RV au CDPC pour étrenner vos diplômes tout neufs

  4. Bravo pour ton succès au CAMABC. Tu résumes parfaitement le CASIM Spirit et ces forts liens d’amitie. Longue route à toi.😉

  5. Bonjour, Phil,
    Ah on en apprend tous les jours, même des années plus tard… Sympa, cette histoire d’épis de blé, témoins de tes exploits!
    Bravo pour tout, bravo parce que ce n’est pas sous prétexte qu’il commence à nous venir quelques cheveux blancs qu’on doit s’arrêter de se lancer des défis!

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